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Un tramway circule dans une rue bordée d'arbres à Nantes en automne.

À Nantes, la voiture cède du terrain au quotidien

Le recul est net : dans Nantes Métropole, la voiture solo représente désormais 38 % des déplacements, contre 43 % lors de la précédente grande enquête de mobilité. À l’échelle de la Loire-Atlantique, l’automobile reste majoritaire, mais sa part descend aussi, de 67 % en 2015 à 60,5 % en 2025.

L’enquête EMC2 2025 ne décrit pas une rupture brutale. Elle montre plutôt une transformation progressive des habitudes : moins de déplacements quotidiens, davantage de marche, un vélo plus présent et des transports collectifs qui gagnent légèrement du terrain sur le département.

Des trajets moins nombreux qu’il y a dix ans

Premier signal : les habitants se déplacent moins souvent dans une journée ordinaire. En Loire-Atlantique, le nombre moyen de déplacements quotidiens par personne est passé de 4 en 2015 à 3,5 en 2025. Dans Nantes Métropole, la baisse est plus marquée encore, de 4,1 à 3,4 déplacements par jour et par personne.

La part de personnes ne réalisant aucun déplacement un jour donné augmente aussi, de 9 % à 10,1 %. D’après Laurent Fouin, directeur de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération nantaise, l’évolution tient moins à un épisode ponctuel de circulation qu’à des modes de vie qui changent : pression économique, commerce en ligne, téléformation et recours accru au numérique.

Le télétravail illustre ce déplacement du quotidien vers le domicile. Il concerne désormais 38 % des actifs, contre 14 % en 2015. Ce chiffre ne dit pas que les déplacements domicile-travail disparaissent, mais il aide à comprendre pourquoi la mobilité se recompose.

Les chiffres qui résument le basculement

Indicateur Évolution observée
Déplacements quotidiens en Loire-Atlantique 4 par personne en 2015, 3,5 en 2025
Déplacements quotidiens dans Nantes Métropole 4,1 par personne en 2015, 3,4 en 2025
Part de l’automobile en Loire-Atlantique 67 % en 2015, 60,5 % en 2025
Voiture solo dans Nantes Métropole 43 % en 2015, 38 % en 2025
Vélo en Loire-Atlantique 2,5 % en 2015, 4,5 % en 2025
Marche en Loire-Atlantique 21 % en 2015, 24 % en 2025
Transports collectifs en Loire-Atlantique 9,5 % en 2015, 10,5 % en 2025

Ces données comparent deux grandes enquêtes réalisées à dix ans d’intervalle. Elles donnent une tendance solide, mais ne permettent pas d’attribuer chaque changement à une seule mesure publique, à un chantier ou à un prix du carburant.

À Nantes, la voiture cède du terrain au quotidien

À Nantes, la marche devient le premier réflexe

La marche atteint 29 % des déplacements dans Nantes Métropole. Dans la ville de Nantes, près de 4 déplacements sur 10 se font désormais à pied, ce qui en fait le premier mode de déplacement local.

Cette progression donne un poids très concret aux choix d’aménagement : trottoirs, traversées, végétalisation, apaisement de certaines rues, confort en été. Simon Citeau, vice-président de Nantes Métropole délégué aux déplacements, relie directement ces résultats à la qualité de l’espace public pour les piétons.

Le potentiel reste élevé. Environ un quart des déplacements quotidiens font moins d’un kilomètre, une distance parcourue à pied en 14 minutes en moyenne. Pourtant, 30 % de ces trajets très courts sont encore réalisés en voiture.

Le vélo s’installe au-delà du centre-ville

Le vélo est l’un des mouvements les plus visibles de l’enquête EMC2 2025. Sa part modale a presque doublé en Loire-Atlantique, de 2,5 % à 4,5 %. Dans Nantes Métropole, elle passe de 3 % à 7 %, et atteint 9 % à l’intérieur du périphérique.

Pour les trajets domicile-travail dans la métropole, le vélo représente désormais 11 % des déplacements. Les 25-64 ans portent fortement cette dynamique : ils comptent pour 68 % des cyclistes en 2025, contre 55 % dix ans plus tôt.

À Nantes, la voiture cède du terrain au quotidien

La distance moyenne parcourue à vélo augmente aussi, de 2,8 km à 3,4 km par trajet. Ce détail compte : il suggère un usage moins limité aux très courtes distances. L’enquête ayant été menée avant la livraison des Grandes voies vélo, les prochaines données permettront de mesurer si ces nouveaux aménagements amplifient la tendance.

Des choix publics à ajuster, pas un mode unique à imposer

La voiture recule, mais elle reste très utilisée pour aller travailler et pour certains motifs personnels, comme les démarches administratives ou la santé. Le covoiturage, lui, ne progresse pas au rythme espéré : les déplacements en voiture comme passager baissent de 14 % à 12 % sur le périmètre départemental.

Les transports collectifs progressent d’un point en Loire-Atlantique, de 9,5 % à 10,5 %, avec les réseaux Aléop, Naolib et Ycéo. Dans Nantes Métropole, leur part reste stable à 15 %, mais l’usage augmente pour les trajets domicile-travail.

L’enquête a interrogé 24 543 habitants de plus de 5 ans, dans 15 860 foyers et 207 communes, entre septembre 2024 et mars 2025. Sa méthodologie nationale, définie par le Cerema, permet de comparer les résultats avec 2015 et avec d’autres territoires. Les données doivent maintenant nourrir les arbitrages sur les voies cyclables, les lignes de transport, le covoiturage, les espaces piétons et la place restante de la voiture dans les déplacements quotidiens.

Source: Nantes, ville et métropole

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Inès Lemoine

Inès Lemoine

Auteur

Installée à Nantes depuis plus de dix ans, Inès suit l’actualité de la ville et de la métropole avec une attention particulière aux décisions municipales, aux transports, au logement et à la vie de quartier. Elle privilégie les informations vérifiées, les documents publics et les témoignages croisés pour expliquer clairement les enjeux locaux qui touchent les habitants au quotidien

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